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Textes

Montaigne : Essais, I, 25/26 - intelligence et endurance

Détails
Bruno Masala
Textes
3 Novembre 2017
Mis à jour : 16 Mars 2025
Clics : 1481
  • Œuvre, auteur : • Montaigne : Essais (1580-1595)  
  • Cours & notions : • rapports logiques  

Questions de compréhension
1. D'après le §27, quels sont les deux activités à exercer pour instruire l'intelligence?

2. D'après le §28, qu'est-ce que les voyages apportent dans l'éducation?

3. Quelles armes sont mentionnées dans le texte?

4. A quoi Montaigne fait-il allusion dans le §31 lorsqu'il parle des «temps qui courent», où les bons sont «tout autant exposés que les méchants»?

5. Dans le §27, l’idée principale a pour thème l’éducation de l’intelligence. À l’enseignement de quels arts cette activité est-elle comparée? 

6. Relever toutes les expressions illustrant la méthode active d’enseignement

7. A quel proverbe peut faire penser le propos de Montaigne au §27? le §28?

Exercice d'analyse des rapports logiques entre idées

1. À partir de la 2° phrase, entourer le connecteur logique (s’il y en a un), le copier (en indiquant le n° de ligne) et nommer le rapport logique qu’il exprime.
Exemples :
• pourtant (l.3) : opposition
• Ou bien (l.4) : addition

2. Lorsqu’une phrase ne comporte pas de connecteur logique, insérer une astérisque au début et, dans la marge à droite nommer le rapport logique et choisir un connecteur approprié.
Exemple : l.22 cause : Car l’amour maternel les attendrit trop...

Montaigne : Essais, I, 25/26 - latin et grec

Détails
Bruno Masala
Textes
3 Novembre 2017
Mis à jour : 1 Février 2022
Clics : 848
  • Œuvre, auteur : • Montaigne : Essais (1580-1595)  

La Fontaine : Le Chat, la Belette et le petit Lapin (Fables VII, 15)

Détails
Bruno Masala
Textes
31 Octobre 2017
Mis à jour : 19 Octobre 2024
Clics : 7354
  • Œuvre, auteur : • La Fontaine : Fables (1668, 1678/79, 1694)  
  • Cours & notions : • Discours rapporté - style direct, indirect, indirect libre, récit de paroles   • registre héroï-comique  

Introduction pour une explication linéaire

La Fontaine est un contemporain de Molière et de Racine. Il a composé ses contes et ses fables à une époque où le théâtre était le genre littéraire le plus noble et le plus prisé. Dans «Le Chat, la Belette et le petit Lapin», fable publiée dans le second recueil, en 1678, le fabuliste se fait dramaturge et imagine toute une saynète avec des plaideurs et un juge. Le dénouement est tragique, mais c’est une véritable petite comédie, en deux actes. Après la lecture, nous allons étudier sa progression dramatique.

Découpage de la fable 

  • v.1-9 situation initiale présentant le caractère des deux premiers personnages (en deux parties : v.1-4 focus sur la belette; v.5-9 focus sur le lapin, le v.5 faisant redondance des v.1-3, redondance soulignée par ‘un beau matin’ / ‘un jour’)
  • v.10-29 la confrontation de la rusée et du naïf
  • v.30-45 introduction du troisième personnage, le juge, puis dénouement rapide
  • v.46-47 une moralité par analogie (‘Ceci ressemble fort à...’) 

Vocabulaire : 

  • (1) v.5 les pénates, dans la mythologie romaine, étaient des statuettes représentant les divinités du foyer. Familièrement : maison, foyer.
  • (2) v.14 que l'on se sauve rapidement. L'origine de l'expression est militaire : lever le camp sans bruit et rapidement
  • (3) v.22 octroi : privilège accordé par le roi
  • (4) v.25 il prétexte ce qui est pratiqué dans certains pays, donc la loi et la possession : il occupe effectivement son logis.
  • (5) Raminagrobis (v.31): nom utilisé déjà chez Rabelais 
  • (6) chattemite(v.33): qui fait l'humble, le dévot, l'hypocrite, pour mieux tromper les autres (Furetière); [TLF (n f) Fam. Personne affectant des manières doucereuses et hypocrites pour tromper ou séduire quelqu'un.]
    + allusion à chat-fourré: désigne, ironiquement, les magistrats, parce que, sous l’Ancien Régime, ils portaient des fourrures dans leurs habits de cérémonie
  • (7) Grippeminaud(v.39): archiduc des chats fourrés chez Rabelais (le nom, dérivé de "gripper" = aggriper, saisir, connote l'idée de vol)

Voir aussi:
- L’Homme et la Couleuvre (X,1): fable qui montre que contre un plus fort de mauvaise foi, les arguments  sont inutiles, voire nuisible (L’homme trouvant mauvais que l’on l’eût convaincu, / Voulut à toute force avoir cause gagnée.)

Questions de compréhension:

  1. Quel est le prénom le plus officiel du lapin? Quel était le prénom de son père?
  2. Quels sont les deux noms du chat? 
  3. Combien de vers occupe le portrait du chat? 
  4. Quelle partie du corps de la belette est nommée deux fois?
  5. Combien d'arguments différents la belette donne-t-elle pour refuser de rendre le terrier? 
  6. Quelle expression familière et figurée, employant un vocabulaire antique, signifie ‘emménager’?  

Documents divers: 

- texte et notes dans un Classiques Larousse
- illustration: chabelette.jpg

Source de La Fontaine : La source de cette fable est Pilpay Le livre des Lumières ou la conduite des roys chap.4, fable 5, p.307
En ligne: http://www.la-fontaine-ch-thierry.net/chabelap.htm 

Questions d’analyse:

  1. Repérer les notations descriptives
  2. Relever les expressions de niveau de langue soutenu
  3. Relever le vocabulaire du droit, de la jurisprudence
  4. Repérer les caractéristiques épiques du texte 
  5. Etudier la représentation de la nature dans ce poème 
  6. Etudier la satire des plaideurs
  7. Repérer les passages de discours rapporté
  8. Montrer que le Lapin est insouciant; aux v.5 à 9, comment fait-on sentir que le lapin prend tout son temps?
  9. Etudier les ressorts comiques

Réécrire en prose les v.1 à 3: Un beau matin, Dame Belette s’empara du palais d’un jeune Lapin. 

Analyse rythmique des v.32-35

C'était un chat vivant comm(e) un dévot ermite, (4+2) + (4+2)

Un chat faisant la chattemite, (2+2) + (2+2)

Un saint homme de chat, bien fourré, gros et gras, (3+3) + (3+3)

Arbitr(e) expert sur tous les cas. (2+2) + (2+2)

 

Plan détaillé de commentaire composé: pdf

 

 

La Fontaine : Le Rat et l’Huître (Fables, VIII, 9)

Détails
Bruno Masala
Textes
31 Octobre 2017
Mis à jour : 9 Octobre 2024
Clics : 21479
  • Œuvre, auteur : • La Fontaine : Fables (1668, 1678/79, 1694)  
  • Cours & notions : • registre héroï-comique  

Questions de compréhension:
1. D’où ce rat est-il originaire?
2. Relever toutes les appellations des lieux qu’habite le Rat.
3. Est-ce que l’huître parle?
4. Relever les vers de discours rapporté (distinguer les différents styles du discours rapporté; pour le style direct, ajouter les guillemets où c'est nécessaire sur le texte). 
5. Comment nous fait-on comprendre que ce rat n’est pas vraiment savant?

Introduction pour une explication linéaire :

Le philosophe Pascal juge sévèrement l’imagination : «cette partie dominante dans l’homme, cette maîtresse d’erreur et de fausseté...». Le poète La Fontaine, lui, met l’imagination, la fantaisie, la variété, au centre de son esthétique. En effet, loin de la sécheresse du fabuliste grec Esope, dont il reprend souvent les sujets, il développe son récit comme un véritable conte ou une petite comédie. Pour autant, La Fontaine n’ignore pas les dangers d’une imagination ignare et naïve: ainsi, dans «le Rat et l’Huître», publiée en 1678 dans le deuxième recueil, au livre VIII, le Rat succombe à son imagination débridée autant qu’à sa gourmandise, lorsqu’il insère imprudemment la tête dans l’huître, qui se referme. En étudiant la progression de cette fable, observons qu’à chaque étape du récit, l’auteur fait parler son personnage puis commente en moraliste son comportement. Comme dans la morale finale, ne s’agit-il pas à chaque fois de blâmer l’imagination inculte et débridée ? 

Découpage de la fable :

  • v.1-4 : situation initiale et décision du rat de partir
  • v.5-8 : première péripétie, réaction du rat rapportée au style direct, commentaire du narrateur sur son personnage
  • v.9-20 : deuxième péripétie, réaction du rat rapportée au style direct, commentaire du narrateur sur son personnage
  • v.21-33 suite de la 2e péripétie, focalisée sur une belle huître, réaction du rat rapportée au style direct, fin du récit (v.30-33), commentaire du narrateur sur son personnage (v.33)
  • v.34-39 morale(s)

Vocabulaire : pdf   (cf source supposée de La Fontaine : http://www.la-fontaine-ch-thierry.net/rathuitr.htm) 

Conclusion à propos de la moralité de cette fable: 

Cette fable se termine, comme souvent, par une morale explicite, qui, ici, est assez développée: 6 vers. Toutefois, cette moralité a quelque chose de singulier: après l’avoir introduite comme un bilan «Cette fable contient plus d’un enseignement» (v.34), La Fontaine donne lui-même deux moralités assez disparates. La première n’est pas normative, elle ne dit pas ce qu’il faut faire ou ne pas faire, mais relève de l’observation des comportements: le manque d’expérience nous laisse candide et ingénu. La deuxième est proverbiale et souligne le comique de situation. Du reste, La Fontaine semble laisser entendre que nous pourrions tirer encore d’autres moralités de sa fable. Celle-ci n’a pas été inventée pour illustrer une morale préalable, comme le faisait Esope, mais est elle-même la source, l’occasion de nombreux enseignements. Ainsi, cette fable se termine par une réflexion d’auteur sur le lien entre conte et morale. La Fontaine fait preuve d’un peu de désinvolture dans cette façon un peu bavarde de présenter les morales de sa fable. Est-ce pour nous laisser entendre que le récit vaut davantage qu’une simple illustration argumentative?

Intro. + Découpage + Concl. : pdf

Compléments: 

  • v.12 ‘crut voir, en les voyant’ : cette polyptote semble être une maladresse de langage que le narrateur attribue au Rat > c’est un procédé par lequel le narrateur se moque de son personnage
  • v.27-29 : le rat ‘fait  des phrases’: c’est un pédant
  • Par ailleurs, cette fable est un récit à chute. 

Questions, vocabulaire, introduction et plan de commentaire composé : pdf (Comment La Fontaine, poète sensible et observateur, met-il l’imagination au service de la vérité?)

Lecture analytique

I - Les personnages bien caractérisés d’un auteur qui sait observer

1. La beauté et le silence de l’huître
- La Fontaine est attentif à la nature en général et réussit à rendre en peu de mots tout un environnement: la plage (v.10) de l’huître, soleil (v.22), vent (zéphyr v.23) [de même pour l’environnement du rat: v.3]
- cependant, c’est en poète que La Fontaine observe la nature: pour donner vie à l’huître silencieuse et qui n’a pas de poumon il la fait ‘humer l’air’, ‘respirer’ (v.24 - métaphore), lui attribue une vie psychologique, des sentiments (‘réjouie’ v.23, ‘épanouie’ v.24); il semble même comparer l’huître à une femme : ‘blanche, grasse’ v.25
- l’huître apparaît donc comme heureuse, silencieuse (elle ne parle pas), belle; par ailleurs, on va voir qu'elle sait se défendre

2. Le rat est tout à l’opposé : sa suffisance et sa bêtise (le silence de l’huître souligne le bavardage du rat)
- son mépris pour sa patrie et son propre père : explicite dans le discours rapporté (v.13-14 ‘mon père était un pauvre sire’); déjà suggéré par le vocabulaire péjoratif avec lequel le narrateur rend compte des sentiments du rat: ‘abandonne son trou’ v.4, ‘la case’ v.5
- le rat se montre pédant: v.15 ‘maritime empire’ (grands mots), fait des phrases v.27-29; son imagination grandiloquente agrandit tout (taupinée > mont, Apennins, Caucase; huîtres > vaisseaux de haut bord); observer le rythme ternaire, dès le v.1, puis v.3 (ainsi que l’ensemble v.3-4)
- le rat est gourmand (cf v.29, v.30 ‘belle espérance’) et impatient (v.5-6 Sitôt que...) et bavar (il parle tout de suite) 

Transition: dans cette fable, le récit semble vouloir courir comme le Rat

II - Un récit alerte, un récit à chute

1. La vivacité du récit 
Plusieurs procédés créent cette vivacité: 
- le passage au présent de narration dès la 2° phrase (v.3) puis le retour au passé simple (v.5) épouse le caractère impatient et virevoltant du Rat
- les verbes introducteurs du discours rapporté au style direct sont tous en incise: enchâssés dans le récit, ils font partie du récit
- enjambements v.9-12 : la phrase court sans se laisser formater par le vers
- accents héroï-comiques (raconter des choses triviales de façon grandiose, épique): allusions mythologiques, vaisseaux de haut bord

2. Un récit à chute (fin inattendue)
- les ‘belles espérances’ (v.30) du rat sont déçues : il meurt subitement. 
- cette fin est inattendue pour le rat jusqu’au v.32
- cependant, cette chute est préparée : l’ironie de l’expression ‘maître Rat’ v.30 nous met sur la piste; les défauts du personnage nous laissent penser que ce dénouement n'est pas injuste; ainsi la chute nous invite à relire ce qui précède: la suffisance ne rend-elle pas imprudent ? 

Transition: que retenir de cette fable variée? 

III  - Une morale ouverte 

1. Une morale multiple (‘plus d’un’ v.34)
- elle est double d’après l’auteur ‘premièrement’ v.35, ‘Et puis’ v.38
- par ailleurs la fin du récit, au v.33, a déjà proposé une morale ‘Et voilà ce que fait l’ignorance’ 

2. Une morale inhabituelle
- déduite a posteriori : elle découle de la fable (ce n’est donc pas la fable qui illustre la morale, comme chez Esope)
- l’auteur prend de la distance avec la morale ‘Cette fable contient...’ v.34 : employer le mot ‘fable’ dans une fable, c’est déjà la commenter
- le ‘Nous’ invite le lecteur à collaborer: nous pourrions trouver d’autres morales ex. la suffisance entraîne la négligence 
- La Fontaine fait preuve d’un peu de désinvolture dans cette façon un peu bavarde de présenter les morales de la fable : puisqu’il faut faire une morale, proposons-en une... 

Pour l’introduction
début du préambule: Esope écrivait de courtes fables en prose, dont le récit ne servait qu’à faire comprendre la morale. La Fontaine, en conteur talentueux, compose des récits vivants et truculents, de véritables petites comédies mises en scène. 

Pour la conclusion: bilan + 
ouverture: Il y a beaucoup d'enseignements à tirer de cette histoire. Outre ceux que La Fontaine indique lui-même, on pourrait aussi observer que, outre l’ignorance, le mépris et l’arrogance du rat le font manquer de prudence: la suffisance mène à la négligence. 

 

  1. La Fontaine : Le Gland et la Citrouille (Fables, IX, 9)
  2. Homère - Odyssée - v.1-10
  3. Homère - Odyssée - IX, 166-566 - la Cyclopée
  4. Marot : dizain de neige (1532)

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