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- Œuvre, auteur : • Corneille : Horace (1640)
- Cours & notions : • Scène d’exposition (fonctions de la)
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- Œuvre, auteur : • Corneille : Horace (1640)
Situation de la scène:
L’acte IV commence par une réplique du vieil Horace, qui est en colère contre son fils car celui-ci a fui: v.1055 «un infâme».
Valère entre à la deuxième scène: c’est le messager, qui apporte des nouvelles de l’extérieur. Le vieil Horace ne le laisse pas s’exprimer: Corneille fait durer le malentendu, dans une stichomythie (suite de répliques d'un seul vers) v.1080 à 1085.
Quand le vieil Horace comprend que Rome n’est pas vaincue, il laisse Valère déployer son récit épique du combat. Cette narration sera entrecoupée d’une interjection pathétique de Camille, qui comprend que son fiancé est mort.
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- Œuvre, auteur : • Apollinaire : Alcools (1913)
Voir questions, quiz dans la fiche du poème intégral : https://www.didasco.org/1882-apollinaire-alcools-zone
Explication linéaire : https://www.annabac.com/annales-bac/alcools-zone
Observations détaillées au fil du texte
v.1
- ‘tu’ : première occurrence du pronom de la 2e p. du sg pour s’adresser à lui-même
- ‘ce’ : le démonstratif est référentiel, il fait référence au monde qui entoure le poète; au v. 4 l’adverbe ‘Ici’ lui fait écho
v.2
• personnification de la Tour Eiffel, des ponts
• double métaphore filée
- comparé : ponts / comparant : moutons (grâce à ‘troupeau’, ‘bêle’ et ‘Bergère’)
- comparé : Tour Eiffel / comparant : Bergère (par l’apposition)
• ´bêle’ introduit le son dans la description par touches successives qu’opère le poète: s’agit-il des klaxons d’automobiles qui passent sur les ponts, ou des cris des passants? en tout cas, des humains qui circulent en ‘troupeaux’ (au v.72, le retour du mot ’troupeaux’ pour signifier que les autobus sont nombreux
• le pont est un thème cher à Apollinaire (cf le Pont Mirabeau)
• ‘ce matin’, en rimant pauvrement avec ‘ancien’ résonne comme un renouveau au milieu de la lassitude et de l’antique; ce Compl. circ. revient plusieurs fois dans le poème (v.10, 19)
v.3 reprise du v.2 :
- ‘tu es las’ = ‘tu en as assez’ (les premiers mots du v.1 ‘À la fin’ complètent le procédé d’insistance sur ce thème de la lassitude )
- ‘monde ancien’ = ‘antiquité grecque et romaine’
Apollinaire souligne ici un paradoxe: la Modernité, depuis la Renaissance, s’est nourrie de l’antiquité gréco-romaine. (C’est une constante depuis la Pléiade jusqu’à aujourd’hui, en passant par les classiques du XVIIe siècle ou Napoléon Ier: pensons par exemple au peintre Jacques-Louis David.)
v.4
• ‘automobiles’ est le premier des nombreux mots qui introduisent des réalités contemporaines, à l’instar de ´prospectus’ v. 11 ou ‘sténo-dactylographes’ v. 17,
v.5
- le groupe nominal « la religion » est répété dans le même vers, signe du caractère obsédant de ce thème pour le poète; la deuxième occurence constitue un contre-rejet, Sujet d’une deuxième proposition construite comme la précédente « la religion est restée + Attribut du Sujet »
v.7
- personnification du Christianisme (marquée par l’énonciation: tu + Apostrophe « ô Christianisme »)
Questions d'analyse
• A quels vers le pronom personnel de la 2° p. permet au poète de s'adresser à lui-même?
- 1, 3, 9-10-11
• Quels vers sont des alexandrins?
- v.1, 19, 20 (+ 21 irrégulier)
• À qui s'adresse le poète dans cet extrait de «Zone» ?
- v.1 à lui-même
- v.2 à la tour Eiffel
- v.3 à lui-même
- v.7 au christianisme
- v.8 au Pape Pie X
- v.9-11 à lui-même
• types de texte
- conversationnel (monologue s'adressant à lui-même ou à un interlocuteur fictif, personnifié ou absent) : v.1, 2, 3, 7, 8, 9-11
- descriptif : v.2, 4, 11-14, 15-24
- narratif : v.9-11, 15
- argumentatif : v.5-8
• métaphores :
- v.2 métaphore pastorale filée ('bergère', 'troupeau', 'bêle'
- v.12 métaphore comparant les affiches à des oiseaux perchés
• notations sonores:
- v.2 ‘bêle’
- v.11 ‘chantent’
- v.16 ‘clairon’
- v.19 ‘la sirène y gémit’
- v.20 ‘Une cloche rageuse y aboie’
- v22 ‘criaillent’
• de nombreux thèmes sont évoqués deux fois: procédé d’insistance par écho
- lassitude : v.1 ‘tu es las’ + v.3 ‘Tu en as assez’
- ‘ancien’ v.1 + ‘anciennes’ v.4
- ‘antiquité’ v.3 + ‘antique’ v.7
- religion : v.5 premier et dernier mots
- Europe v.7 / Européen v.8
- rue v.15 et v.23
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- Œuvre, auteur : • Apollinaire : Alcools (1913)
Introduction
Guillaume Apollinaire publie une première fois «Le Pont Mirabeau» en février 1912, peu après sa rupture entre Marie Laurencin. Dans le recueil Alcools, paru en 1913, le poète a placé «Le Pont Mirabeau» en deuxième place, juste après «Zone». C'est un poème lyrique, élégiaque: observons ce mouvement lyrique en l'étudiant.
Plan, progression du poème
- 1er quatrain : le lieu du souvenir (Apollinaire a vécu une grande histoire d'amour avec la peintre Marie Laurencin de juillet 1907 à juin 1912. Tous deux ont souvent emprunté ensemble le pont Mirabeau.)
- 2e quatrain : les souvenirs de la liaison amoureuse (mains dans les mains, face à face, nos bras)
- 3e quatrain : la fin de l'amour (L'amour s'en va...)
- 4e quatrain : la fuite du temps
Remarque : ce poème part de l'expérience particulière (première moitié) pour généraliser (l'amour, le temps)
Vers, mètres
- tétrasyllabe : le 2° vers de chaque quatrain (en réalité le premier hémistiche d’un décasyllabe)
- hexasyllabe : le 3° vers de chaque quatrain (en réalité le deuxième hémistiche d’un décasyllabe)
- heptasyllabe : les deux vers du distique qui constitue le refrain
- décasyllabe : le 1° et le 4° vers de chaque quatrain
- distique : le refrain
Sonorités
- rime féminine : partout (sauf le 2° vers de chaque quatrain
- rime masculine : aucune (le 2° vers de chaque quatrain a une finale masculine, mais elle ne rime avec rien)
- rime interne : dans le 1° quatrain : amour / toujours
- allitérations : en L, M et N dans tout le poème; en S dans le dernier quatrain
- assonance : en O et ON dans tout le poème
- synérèse : refrain : vienne, nuit
- diérèse : vi-o-lente
Grammaire
- 1° personne du pluriel : nos v.2, 9; restons v.7
- 1° personne du singulier : m’ v.3; je 2° v. du refrain;
- présent d’énonciation : v.1, le 2° v. du refrain
- présent de vérité générale : surtout dans le dernier quatrain (Ni les amours reviennent) et la fin du troisième quatrain (la vie est lente, l’Espérance est violente)
- parataxe et asyndète : entre les 4 propositions du refrain; entre les proposition du premier quatrain
Figures
- métaphore : 2° quatrain : nos bras forment comme un pont; les éternels regards sont comme une onde lasse (+ 1er quatrain : les amours coulent comme le fleuve)
- antithèse : dans le refrain s’en vont / je demeure ; dans le 3° quatrain lente / violente
- chiasme : dans le refrain, le 1° vers contient deux fois verbe puis Sujet, le 2° Sujet puis verbe
- comparaison : dans le 3° quatrain, au v.13, et, peut-être aux v.15 et 16
- anaphore rhétorique : dans le 3° quatrain L’amour s’en va 2x, comme 3x
- paradoxe : l’Espérance serait violente ? par ailleurs, la rime lente / violente allie deux qualificatifs opposés (>antithèse)
- personnification : dans le 3° quatrain L’amour (qui s’en va), l’eau (courante) ;
- antépiphore : reprise du 1° vers au dernier vers du dernier quatrain
Divers
- aparté : v.3 (intervention personnelle du poète)
- mot valise : Mirabeau ressemble à mirer+beau
Observations complémentaires
- L'Espérance, en tant que vertu théologale, à la différence de l'espoir, implique la volonté. Dire que "l'Espérance est violente", n'est-ce pas suggérer le devoir de se faire violence?
Autre interprétation: l'espoir est violent dans la mesure où il provoque des désillusions. - Et nos amours (la conj de coord "Et" au début du v.2, en coordonnant "nos amours" et "la Seine" suggère que "nos amours" pourrait être S de "coulent" sous entendu)
- Au v.15, "Comme" est-il seulement adverbe d'intensité, pour introduire les deux exclamatives? Ou bien y a-t-il une comparaison suggérée entre la façon dont l'amour s'en va et la vie, qui s'en va lentement.
- le refrain rappelle un vers du Testament, de François Villon, 23ème octain "Allé s'en est [le temps de ma jeunesse], et je demeure"
Commentaire analyse linéaire de Médiaclasse (https://www.youtube.com/watch?v=GTL89MnLKzc)
Problématique: Comment ce pont Mirabeau permet-il à Apollinaire de donner une forme poétique moderne au topos littéraire traditionnel de la perte amoureuse et du temps qui passe?
Axes d'analyse:
- Réappropriation d’un héritage culturel
- Recherche d’une modernité poétique
- Un lyrisme qui tend vers l’élégie
- Liberté d’écriture et musique
- L’éternel et le transitoire
- Une expérience à la fois personnelle et universelle
Autres ressources à consulter :
- analyse linéaire : https://www.bacdefrancais.net/pontmirabeau.php
Questions de grammaire
• En l'absence de ponctuation, qu'est-ce qui prouve que le vers 3 est une phrase interrogative ?
«Faut-il qu'il m'en souvienne»
Réponse: dans cette phrase complexe, la proposition principale «Faut-il» est interrogative: le Sujet apparent est inversé (il est placé après le verbe)
• Dans le deuxième quatrain, analysez la proposition subordonnée circonstancielle.
Réponse:
«Les mains dans les mains restons face à face
[Tandis que (sous
Le pont de nos bras) passe
(Des éternels regards) l'onde si lasse]»
Cette phrase complexe, dont la principale est à l’impératif, contient une proposition subordonnée conjonctive, introduite par la conjonction de subordination «tandis que» : celle-ci a la fonction Compl. circ. de temps et est au mode indicatif.
• «Ni temps passé
Ni les amours reviennent»
Analysez l'expression de la négation dans cette phrase.
Réponse: dans cette phrase, la négation est exprimée par la conjonction de coordination «ni», c’est donc une négation syntaxique; elle porte sur deux Sujets possibles du verbe «reviennent»; grammaticalement c’est donc une négation partielle.
