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- Œuvre, auteur : • St Augustin : Les Confessions (401)
Chapitre III, Pourquoi il confesse ce que la grâce à fait de lui.
3. Pour entendre mes Confessions comme s’ils devaient, eux ! guérir toutes mes langueurs, qu’y a-t-il donc des hommes à moi ? Race curieuse de la vie d’autrui et paresseuse à redresser la sienne : Pourquoi s’informent-ils de ce que je suis, quand ils refusent d’apprendre de vous ce qu’ils sont ? Et d’où savent-ils, lorsque c’est moi qui leur parle de moi, que je dis vrai, puisque pas un homme ne sait ce qui se passe dans l’homme, si ce n’est l’esprit de l’homme qui est en lui (I Cor. II, 11) ? Mais qu’ils vous écoutent parler d’eux-mêmes, ils ne pourront dire : Le Seigneur a menti. Qu’est-ce en effet que vous écouter, sinon se connaître ? Et (452) qui nierait ce qu’il sait ainsi, ne mentirait-il pas à lui-même ?
Mais comme entre ceux qu’elle unit des liens de sa fraternité, la charité croit tout (I Cor. XIII, 7) ; je me confesse à vous, Seigneur, de sorte que les autres m’entendent. Je ne puis leur démontrer la vérité de ma confession, et toutefois ceux dont la charité ouvre les oreilles croient à ma parole.
4. Cependant, ô Médecin intérieur, montrez-moi bien l’utilité de ce que je vais faire. Car la confession de mes iniquités passées, que vous avez remises et couvertes (Ps. XXXI, 1) pour béatifier en vous cette âme transformée par la foi et par votre sacrement, peut ranimer les cœurs contre l’engourdissement et le : Je ne puis ! du désespoir ; les éveiller à l’amour de votre miséricorde, aux douceurs de votre grâce, cette force des faibles à qui elle a révélé leur faiblesse ! Et pour les justes, c’est une consolation d’entendre les péchés de ceux qui en sont affranchis, non pour ces péchés eux-mêmes, mais parce qu’ils ont été et ne sont plus.
Mais de quel fruit, Seigneur mon Dieu, à qui chaque jour se confesse ma conscience, plus assurée en l’espoir de votre miséricorde qu’en son innocence ; de quel fruit est-il donc, je vous le demande, que par ces lignes je confesse aux hommes devant vous, non ce que j’ai été, mais ce que je suis aujourd’hui ? Quant au passé, j’en ai reconnu et signalé l’avantage. Et maintenant beaucoup de ceux qui me connaissent ou ne me connaissent pas, qui m’ont entendu ou bien ont entendu parler de moi, désirent savoir ce qu’il en est au temps même de ces confessions ; ils n’ont pas l’oreille à mon cœur où je suis tel que je suis ; ils veulent donc m’entendre avouer ce que je puis être au fond de moi-même où l’œil, ni l’oreille, ni l’intelligence ne peuvent pénétrer. Ils sont prêts à me croire sans plus de preuve ; la charité, qui les sanctifie, leur dit que je ne mens pas en leur parlant de moi, et c’est elle en eux qui me donne créance.
Chapitre IV, Quel fruit il espère de cette confession.
5. Mais dans quel intérêt le désirent-ils ? Veulent-ils se réjouir avec moi en apprenant combien l’impulsion de votre grâce m’a rapproché de vous, et sachant combien je suis retardé par le poids de moi-même, prier pour moi ? A ceux-là je me révélerai. Car il n’est pas d’un faible intérêt, Seigneur mon Dieu, que grâces vous soient rendues par plusieurs à mon sujet, et que vous soyez par plusieurs sollicité pour moi. Que le cœur de mes frères aime en moi ce que vous leur enseignez d’aimable ; qu’il plaigne en moi ce que vous leur enseignez à plaindre. Mais ces sentiments, je ne les demande qu’au cœur de mes frères, et non pas à l’étranger, « non pas au fils de l’étranger dont « la bouche parle le mensonge, dont la main « est une main d’iniquité (Ps. CXLIII, 8). » Je ne les demande qu’au cœur fraternel, qui, s’il m’approuve, se réjouit de moi, s’il m’improuve, s’attriste pour moi, et, dans la louange et le blâme, m’aime toujours.
C’est à ceux-là que je veux me dévoiler qu’ils respirent à la vue de mes biens, qu’ils soupirent à la vue de mes maux. Mes biens sont votre ouvrage et vos dons ; mes maux sont mes crimes et votre justice. Qu’ils respirent là, qu’ils soupirent ici ! Que les hymnes, que les larmes s’élèvent en votre présence de ces âmes fraternelles, vos vivants encensoirs (Apoc. VIII, 3) ! Et vous, Seigneur, touché des parfums de votre temple saint, « ayez pitié de moi, selon a grandeur de votre miséricorde (Ps. L. 1), » pour la gloire de votre nom ; poursuivez votre œuvre ; consommez mes imperfections.
6. Voilà le fruit de ma confession présente, c’est l’aveu même, non plus en présence de vous seul, dans le secret de la joie qui appréhende et de la tristesse qui espère (Philip. II, 12), mais publié à la face des enfants des hommes, associés à ma foi et à mon allégresse, hôtes comme moi de la mortalité, citoyens de ma cité, voyageurs comme moi, prédécesseurs, successeurs et compagnons de mon pèlerinage
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Dans cette description fantastique de Waterloo, sept ans après la bataille, on retrouve le goût de Victor Hugo pour les spectres et les revenants. (cf Hatier, 4e)
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- Œuvre, auteur : • Balzac : La recherche de l'Absolu (1834)
- Cours & notions : • antithèse • Discours rapporté - style direct, indirect, indirect libre, récit de paroles • hyperbole • registre réaliste, réalisme
Cours à mobiliser:
- types de texte : narratif, descriptif, discours rapporté
- distinction portrait physique / moral / social
- énonciation : qui parle à qui?
- points de vue du narrateur
Quelques observations détaillées :
structure de l’extrait
• portrait de Joséphine l. 1 à 7 : portrait moral très laudatif (l.1 à 3), portrait physique laudatif mais rappelant sa disgrâce physique (l. 5)
• puis, l.7 à 16, bref passage de récit contenant du discours rapporté (l.12 à 14) et reprise du portrait moral de Pépita en action de : prudence pleine de délicatesse l.8-9 et 14-15, «voix douce», «soumission»
• portrait moral de Balthazar (l.15 à 25) : du point de vue de Joséphine (l.15-16), puis par le narrateur omniscient (l.16-25), avec de considérations morales (au présent de vérité générale l.21-25)
• retour au récit avec discours rapporté (l.25-34)
champs lexicaux
• sentiments et émotions : «désir de plaire», «aimait», «amour», «fierté», «grandesse», «mépris», «dédain», «délicatesse», «sentiment», «bonheur», «cruels», «douceur constante», «douleur», «félicité» (l.24), «éprouvons du plaisir», «jouissance», «malheur», «profonde terreur» (champ lexical très riche : exalter la noblesse des sentiments de Joséphine et, autrefois, de Balthazar ≠ annonce du caractère tragique de la suite)
• maison : «croisées», «cour intérieure», «jardin» (2x l.8 et 28), «mur» (l.29)
• vocabulaire laudatif «admirablement» l.4, «voix douce» l.9, «qui distingue» (l.10), «magnifiques»
• vocabulaire péjoratif «vices» l.5, «péchait» (l.6), «tyranniques» (l.16), «blessantes» (l.18), «disgrâce» (l.19)
hyperboles
- «une des plus illustres familles» (superlatif)
- «elle y aurait pris du goût si elle n’en avait pas eu déjà» (hypothèse inutile; > elle a naturellement tellement de goût que même l’illustre famille où elle a été élevée s’est révélée inutile pour lui en faire acquérir davantage)
- «admirablement» (adverbe) l.4
- une femme qui sait aimer l. 3, 11
double antithèse :
l.23/25 douleur / plaisir + félicité / malheur (+ dissonance / jouissance) : (dans un phrase au présent de vérité générale : narrateur qui raisonne)
registre réaliste
- repères spatiaux précis (l.7-8)
- précision des brèves notations de portrait physique de Joséphine (l.4-7)
- portrait social de Joséphine (l.1, 11-12)
- observations morales au présent de vérité générale où le lecteur, tout homme, est inclus par la 1ère personne du pluriel (l.20-25)
analyse du discours rapporté
- la question de Pépita l.12 reste un bon moment sans réponse, durant lequel le narrateur occupe son lecteur par le portrait moral de Balthazar; puis la réaction de celui-ci est hors sujet (l.26-27)
- l.30-31 phrase de monologue de Balthazar, suivie d'une phrase de monologue de Joséphine
> mise en scène de l’intense distraction de Balthazar; les deux époux semblent séparés par un «mur»
remarques diverses
- «trente-troisième dimanche» nombre ésotérique
- l.13 : messe et vêpres (rappel que, jusqu’à son engouement pour la chimie, Balthazar était un homme respectueux de la religion)
intérêt dramatique de l’extrait : la folie de Balthazar apparaît enfin à Joséphine dans toute sa mesure; on peut dès lors se demander quelles en seront les conséquences et comment Joséphine va agir désormais
Problématiques possibles
• Comment ce début de roman réaliste noue-t-il l’intrigue tragique ?
1. Dans ce début de roman, la mise en scène est précise et réaliste
le cadre spatial est précis
le narrateur omniscient relie les personnages à leur contexte social
2. Les deux personnages sont pleins de sentiments et d’émotion, suscitant ainsi l’intérêt du lecteur
Joséphine est une épouse aimante et attentive
Balthazar, autrefois sensible et délicat, est maintenant l’objet de «tyranniques préoccupations»
3. Joséphine et Balthazar, qui formaient jadis un couple uni, semblent désormais séparés dans deux mondes distincts: qu’est-ce que cela laisse augurer de la suite?
un couple autrefois uni
un couple désormais séparé
Autre plan pour la même problématique
1. le bonheur passé
2. le tournant du présent
3. le futur tragique de Joséphine et Balthazar
• Quel sentiment prévaudra chez Balthazar Claës: son amour pour sa femme et sa famille, ou sa passion pour la recherche de l’Absolu ?
Remarque : une problématique réduite à la question du réalisme est insuffisante.
Introduction
[accroche] «L’amour n’est pas seulement un sentiment, il est un art aussi.» affirme Honoré de Balzac dans la Recherche de l’Absolu. [présentation du roman] Dans ce roman réaliste, paru en 1834, le prolifique Balzac raconte la ruine d’une famille de la grande bourgeoisie des Flandres, causée par la passion dévorante du chef de famille, Balthazar Claës, pour la chimie. La sentence de l’auteur-narrateur sur l’amour est appliquée à Emmanuel de Solis, amoureux de Marguerite, la fille aînée de Balthazar et Joséphine Claës. [présentation de l’extrait] Longtemps, elle a pu s’appliquer à Balthazar lui-même, comme nous le rappelle l’extrait à commenter. Joséphine, elle, continue de cultiver l’art de l’amour conjugal, mais son mari semble perdu pour sa famille, pris par de «tyranniques préoccupations». En prenant acte de ce qui sépare désormais les deux époux, on pourra se demander comment ce début de roman réaliste noue l’intrigue tragique. [annonce du plan] ...
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On était en septembre. Cet après-midi-là, Marcel et ses camarades vagabondaient dans une petite forêt de chênes au sud de Montignac en Dordogne et se rapprochaient du sommet de la colline plantée de pins. La colline de Lascaux était leur domaine préféré.
Ils avaient avec eux un chien, Robot, qui appartenait à Simon, le plus jeune des quatre. Simon laissait toujours Robot courir en liberté, même dans la forêt.
Ils avaient déjà dépassé la chênaie, quand Marcel s’arrêta: il regarda autour de lui, fit quelques pas en arrière, scrutant l’horizon de tous côtés.
- Je ne vois plus Robot, dit-il. Où est Robot?
- Il était là à l’instant, dit Jacques.
- À peine à dix pas devant moi, assura Georges.
- Attendez, fit Simon.
Il siffla.
Tous redressèrent la tête. Rien ne bougeait. Simon siffla encore une fois, rompant le silence qui retomba comme un rideau. Robot ne se montra pas.
Hans Baumann, Le Mystère des grottes oubliées.
