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Textes

Jean de la Croix : La nuit obscure - cantique

Détails
Bruno Masala
Textes
14 Décembre 2020
Mis à jour : 14 Décembre 2024
Clics : 1537
  • Œuvre, auteur : • Jean de la Croix (1542 - 1591)  
  • Quiz associé(s) : • Jean de la Croix : la Nuit obscure  
Documents et liens en accès libre à partir du 14 décembre 2024:
   • Texte au format PDF à imprimer (fr+es)   • Ecouter le texte (es)   • Ecouter le texte (fr)
 

Texte et traduction juxtalinéaire : https://www.carmel.asso.fr/Saint-Jean-de-la-Croix-Poesie-La-Nuit-Obscure 

Texte original espagnol avec commentaire : pdf

Séquence de sainte Eulalie (~880)

Détails
Bruno Masala
Textes
7 Décembre 2020
Mis à jour : 10 Décembre 2024
Clics : 1882
  • Cours & notions : • décasyllabe  

Séquence (cantilène) en langue romane (ici, en picard) insérée dans la liturgie grégorienne en latin. 

Observer le manuscrit : les 29 vers sont écrits à la suite sur 15 lignes (2 vers par ligne).

Questions

1. Qui est le personnage qui est individuellement opposé à Eulalie? 

2. Comment le surnaturel se manifeste-t-il de façon visible? 

3. A quel vers apparaît la première accumulation? Que souligne-t-elle? 

3. Observer l'usage des temps au début et le justifier. 

4. Observer les rimes. 

Bibliographie : https://www.musicologie.org/publirem/sainte_eulalie.html  

Rimbaud : Je est un autre

Détails
Bruno Masala
Textes
28 Novembre 2020
Mis à jour : 28 Novembre 2020
Clics : 3477
  • Œuvre, auteur : • Rimbaud, Arthur (1854 - 1891)  

Rimbaud : «Je est un autre» (in Lettre à Paul Demeny, 15 mai 1871)

« (...) Je est un autre. Si le cuivre s’éveille clairon, il n’y a rien de sa faute. Cela m’est évident : j’assiste à l’éclosion de ma pensée : je la regarde, je l’écoute : je lance un coup d’archet : la symphonie fait son remuement dans les profondeurs, ou vient d’un bond sur la scène.

Si les vieux imbéciles n’avaient pas trouvé du Moi que la signification fausse, nous n’aurions pas à balayer ces millions de squelettes qui, depuis un temps infini, ! ont accumulé les produits de leur intelligence borgnesse, en s’en clamant les auteurs !

En Grèce, ai-je dit, vers et lyres rhythment l’Action. . Après, musique et rimes sont jeux, délassements. L’étude de ce passé charme les curieux : plusieurs s’éjouissent à renouveler ces antiquités : — c’est pour eux. L’intelligence universelle a toujours jeté ses idées, naturellement ; les hommes ramassaient une partie de ces fruits du cerveau : on agissait par, on en écrivait des livres : telle allait la marche, l’homme ne se travaillant pas, n’étant pas encore éveillé, ou pas encore dans la plénitude du grand songe. Des fonctionnaires, des écrivains : auteur, créateur, poète, cet homme n’a jamais existé !

La première étude de l’homme qui veut être poète est sa propre connaissance, entière ; il cherche son âme, il l’inspecte, il la tente, l’apprend. Dès qu’il la sait, il doit la cultiver ; cela semble simple : en tout cerveau s’accomplit un développement naturel ; tant d’égoïstes se proclament auteurs ; il en est bien d’autres qui s’attribuent leur progrès intellectuel ! — Mais il s’agit de faire l’âme monstrueuse : à l’instar des comprachicos, quoi ! Imaginez un homme s’implantant et se cultivant des verrues sur le visage.

Je dis qu’il faut être voyant, se faire voyant.

Le Poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens. Toutes les formes d’amour, de souffrance, de folie ; il cherche lui-même, il épuise en lui tous les poisons, pour n’en garder que les quintessences. Ineffable torture où il a besoin de toute la foi, de toute la force surhumaine, où il devient entre tous le grand malade, le grand criminel, le grand maudit, — et le suprême Savant — Car il arrive à l’inconnu ! Puisqu’il a cultivé son âme, déjà riche, plus qu’aucun ! Il arrive à l’inconnu, et quand, affolé, il finirait par perdre l’intelligence de ses visions, il les a vues ! Qu’il crève dans son bondissement par les choses inouïes et innombrables : viendront d’autres horribles travailleurs ; ils commenceront par les horizons où l’autre s’est affaissé !» (...)

Texte complet de la lettre : https://fr.wikisource.org/wiki/Lettre_de_Rimbaud_à_Paul_Demeny_-_15_mai_1871

 

Hugo : Préface des Contemplations (1856)

Détails
Bruno Masala
Textes
28 Novembre 2020
Mis à jour : 7 Décembre 2020
Clics : 1290
  • Œuvre, auteur : • Hugo, Victor (1802 - 1885)  

Si un auteur pouvait avoir quelque droit d’influer sur la disposition d’esprit des lecteurs qui ouvrent son livre, l’auteur des Contemplations se bornerait à dire ceci : Ce livre doit être lu comme on lirait le livre d’un mort.

Vingt-cinq années sont dans ces deux volumes. Grande mortalis ævi spatium. L’auteur a laissé, pour ainsi dire, ce livre se faire en lui. La vie, en filtrant goutte à goutte à travers les événements et les souffrances, l’a déposé dans son cœur. Ceux qui s’y pencheront retrouveront leur propre image dans cette eau profonde et triste, qui s’est lentement amassée là, au fond d’une âme.

Qu’est-ce que les Contemplations ? C’est ce qu’on pourrait appeler, si le mot n’avait quelque prétention, les Mémoires d’une âme.

Ce sont, en effet, toutes les impressions, tous les souvenirs, toutes les réalités, tous les fantômes vagues, riants ou funèbres, que peut contenir une conscience, revenus et rappelés, rayon à rayon, soupir à soupir, et mêlés dans la même nuée sombre. C’est l’existence humaine sortant de l’énigme du berceau et aboutissant à l’énigme du cercueil ; c’est un esprit qui marche de lueur en lueur en laissant derrière lui la jeunesse, l’amour, l’illusion, le combat, le désespoir, et qui s’arrête éperdu « au bord de l’infini ». Cela commence par un sourire, continue par un sanglot, et finit par un bruit du clairon de l’abîme.

Une destinée est écrite là jour à jour.

Est-ce donc la vie d’un homme ? Oui, et la vie des autres hommes aussi. Nul de nous n’a l’honneur d’avoir une vie qui soit à lui. Ma vie est la vôtre, votre vie est la mienne, vous vivez ce que je vis ; la destinée est une. Prenez donc ce miroir, et regardez-vous-y. On se plaint quelquefois des écrivains qui disent moi. Parlez-nous de nous, leur crie-t-on. Hélas ! quand je vous parle de moi, je vous parle de vous. Comment ne le sentez-vous pas ? Ah ! insensé, qui crois que je ne suis pas toi !

Ce livre contient, nous le répétons, autant l’individualité du lecteur que celle de l’auteur. Homo sum. Traverser le tumulte, la rumeur, le rêve, la lutte, le plaisir, le travail, la douleur, le silence ; se reposer dans le sacrifice, et, là, contempler Dieu ; commencer à Foule et finir à Solitude, n’est-ce pas, les proportions individuelles réservées, l’histoire de tous ?

On ne s’étonnera donc pas de voir, nuance à nuance, ces deux volumes s’assombrir pour arriver, cependant, à l’azur d’une vie meilleure. La joie, cette fleur rapide de la jeunesse, s’effeuille page à page dans le tome premier, qui est l’espérance, et disparaît dans le tome second, qui est le deuil. Quel deuil ? Le vrai, l’unique : la mort ; la perte des êtres chers.

Nous venons de le dire, c’est une âme qui se raconte dans ces deux volumes : Autrefois, Aujourd’hui. Un abîme les sépare, le tombeau.

V. H.

 

  1. Augustin : Confessions - Livre X, chap.3-4 extraits
  2. Hugo : Les Misérables - II, I, 16 - Souvenirs de Waterloo
  3. Balzac : La recherche de l'Absolu - extrait début
  4. Baumann, Hans : Le Mystère des grottes oubliées - extrait

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