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- Bruno Masala
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- Œuvre, auteur : • La Fontaine : Fables (1668, 1678/79, 1694)
- Cours & notions : • alliance de mots • chiasme • Discours rapporté - style direct, indirect, indirect libre, récit de paroles
Points d'analyse détaillée, en vue d'un commentaire littéraire
- liste des personnages (répertorier tous les mots qui les nomment ou les désignent);
- résumé bref en trois lignes ;
- découpage pour mettre en évidence les étapes du récit, le coup de théâtre...; donner un titre à chaque étape ;
- registre(s) littéraire(s)
- type(s) de texte
- vocabulaire et champs lexicaux ;
- discours rapporté : rétablir les guillemets et les autres ponctuations; analyser les différentes manières de rapporter le discours des personnages ;
- temps verbaux, CC de temps
- types de phrase
- adjectifs qualificatifs
- figures de style
- versification
- présence de l’auteur, situation d’énonciation
- référence à l’actualité de l’auteur
Sources de cette fable :
• La Fontaine a repris d'Abstémius les personnages (le Lion, le Cerf), les circonstances (obsèques de la Lionne), le motif pour lequel le Cerf ne pleure pas (la Lionne lui avait mangé ses enfants), le conte qu’invente le Cerf pour se justifier (il a vu la Lionne ‘se rendre aux demeures élyséennes’).
• La Fontaine ajoute:
- l’organisation des obsèques (envoi des Prévôts... v.6 à 10)
- satire de la cour et des courtisans (v.15 à 23 + 28-29 + 36-38 +50)
- le Cerf rapporte les paroles mêmes qu’il aurait entendu dire à la Lionne (mise en scène de sa défense)
- morale à l’impératif, sous forme de conseil; va plus loin que l’ «honorable excuse» d’Abstémius: «vous serez leur amis» dit La Fontaine; présente les rois comme des dupes.
Illustrations et notes de vocabulaire : http://www.la-fontaine-ch-thierry.net/obseqlio.htm
Exercice de vocabulaire : pdf
Personnages :
- Lion (v.3 «le Prince», v.6 «Il», v.12 «Le Prince»)
- Cerf (v.25 «Le Cerf», v.26,28,29 «le/il/l’», v.32 «ce Cerf»)
- un flatteur (v.28...)
- la femme du Lion (v.41 «Votre digne moitié» + v.1 «La femme du Lion» périphrase, v.26 «la Reine»)
Types de texte :
- Texte narratif : v.1-4, 6, 12-13, 25-29, 33, 39, 44, 49-50, 51 (passé simple)
- Texte conversationnel : 7-10, 28-29 (paroles du lion transmises par ses courriers)
- Texte explicatif : v.5, 11, 14, 17-24, 30-31 (commentaire de l’auteur, présent de vérité générale)
- Texte descriptif : v.32
- Texte prescriptif : v.52-55
Discours rapporté :
- Récit de paroles : v.3-4, 12-13
- Style indirect : v.7-10, 28-29
- Style direct : v.33-49, 50
Remarques diverses :
- v.16 l’alliance des mots «Rugir en leur patois Messieurs les Courtisans» (avec la majuscule) est fortement satirique : les courtisans sont comparés à la fois à des bêtes qui rugissent comme leur Prince le Lion et des paysans rustiques
- v.18 chiasme
- v.23 : allusion à la théorie des animaux-machines de Descartes, que La Fontaine réfute (cf http://www.la-fontaine-ch-thierry.net/discsab.htm, http://www.la-fontaine-ch-thierry.net/sourchahu.htm)
- v.32 le Cerf n’a pas lu le livre des Proverbes, où il est écrit (chap. 19, verset 12) : «La colère du roi est comme le rugissement d'un lion, et sa faveur est comme la rosée sur l'herbe.»
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- Œuvre, auteur : • La Fontaine : Fables (1668, 1678/79, 1694)
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- Œuvre, auteur : • Molière : George Dandin (1668)
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- Œuvre, auteur : • La Rochefoucauld : Maximes (1665)
Portrait du cardinal de Retz
Paul de Gondi, cardinal de Retz, a beaucoup d'élévation, d'étendue d'esprit, et plus d'ostentation que de vraie grandeur de courage. Il a une mémoire extraordinaire, plus de force que de politesse dans ses paroles, l'humeur facile, de la docilité et de la faiblesse à souffrir les plaintes et les reproches de ses amis, peu de piété, quelques apparences de religion. Il paraît ambitieux sans l'être ; la vanité, et ceux qui l'ont conduit, lui ont fait entreprendre de grandes choses presque toutes opposées à sa profession ; il a suscité les plus grands désordres de l'État sans avoir un dessein formé de s'en prévaloir, et bien loin de se déclarer ennemi du cardinal Mazarin pour occuper sa place, il n'a pensé qu'à lui paraître redoutable, et à se flatter de la fausse vanité de lui être opposé. Il a su profiter néanmoins avec habileté des malheurs publics pour se faire cardinal ; il a souffert la prison avec fermeté, et n'a dû sa liberté qu'à sa hardiesse. La paresse l'a soutenu avec gloire, durant plusieurs années, dans l'obscurité d'une vie errante et cachée. Il a conservé l'archevêché de Paris contre la puissance du cardinal Mazarin, mais après la mort de ce ministre il s'en est démis sans connaître ce qu'il faisait, et sans prendre cette conjoncture pour ménager les intérêts de ses amis et les siens propres. Il est entré dans divers conclaves, et sa conduite a toujours augmenté sa réputation. Sa pente naturelle est l'oisiveté ; il travaille néanmoins avec activité dans les affaires qui le pressent, et il se repose avec nonchalance quand elles sont finies. Il a une présence d'esprit, et il sait tellement tourner à son avantage les occasions que la fortune lui offre qu'il semble qu'il les ait prévues et désirées. Il aime à raconter ; il veut éblouir indifféremment tous ceux qui l'écoutent par des aventures extraordinaires, et souvent son imagination lui fournit plus que sa mémoire. Il est faux dans la plupart de ses qualités, et ce qui a le plus contribué à sa réputation, c'est de savoir donner un beau jour à ses défauts. Il est insensible à la haine et à l'amitié, quelque soin qu'il ait pris de paraître occupé de l'une ou de l'autre ; il est incapable d'envie ni d'avarice, soit par vertu ou par inapplication. Il a plus emprunté de ses amis qu'un particulier ne devait espérer de leur pouvoir rendre ; il a senti de la vanité à trouver tant de crédit, et à entreprendre de s'acquitter. Il n'a point de goût ni de délicatesse ; il s'amuse à tout et ne se plaît à rien ; il évite avec adresse de laisser pénétrer qu'il n'a qu'une légère connaissance de toutes choses. La retraite qu'il vient de faire est la plus éclatante et la plus fausse action de sa vie ; c'est un sacrifice qu'il fait à son orgueil, sous prétexte de dévotion : il quitte la cour, où il ne peut s'attacher, et il s'éloigne du monde, qui s'éloigne de lui.
