Issu de la noblesse bordelaise, Charles-Louis de Secondat, baron de Montesquieu et futur baron de La Brède, reçoit une solide formation classique (il poursuivra toute sa vie l’étude de la littérature latine), puis juridique. Née de son expérience parisienne, sa première oeuvre majeure, Les Lettres persanes (1721) est un roman épistolaire dont les personnages principaux sont deux persans qui voyagent en Europe: la réalité française y est vue par des étrangers. Cette oeuvre connaît d’emblée un extraordinaire succès et lui vaut la réputation d’un homme d’esprit. Il devient une personnalité en vue et sera élu, en 1728, à l’Académie française. Son tour d’Europe, de 1728 à 1731, le mène en Italie, en Allemagne puis en Angleterre, haut lieu de formation politique. Revenu dans le Bordelais, il publie en 1734 les Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence, dont les analyses historiques et politiques annoncent déjà son oeuvre maîtresse, De l’esprit des lois (1748). Cet ouvrage considérable (31 livres), parfois difficile, se présente comme un immense effort pour comprendre et ordonner les institutions humaines, et fonde toute la réflexion politique et sociologique moderne. Epuisé, presque aveugle, Montesquieu doit se battre pour défendre son ouvrage. Il meurt en 1755, salué par Diderot comme le premier des «philosophes» du XVIIIème siècle, lesquels subiront tous son influence.
