Questions:

- Que signifie le mot du titre (échange ou permutation)? 

- En quelle année a été rédigé ce discours? quel âge avait alors l'auteur? 

- A quel genre de discours appartient-il? 

- Isocrate est traditionnellement classé comme l'un des dix orateurs attiques: était-il vraiment un orateur? 

- En quoi consiste les deux parties du discours Sur l'échange

- Selon Isocrate, peut-on enseigner à un humain à devenir vertueux? 

 

Réponses

- sur l'échange, ou sur la permutation (ἀντίδοσις : un citoyen qui était désigné pour une liturgie, i.e. une dépense importante pour l'Etat, pouvait, s'il jugeait sa fortune insuffisante, désigner un autre citoyen plus riche; si celui-ci refusait, il pouvait lui proposer d'échanger ses biens avec les siens propres); 

- Isocrate a publié le discours Sur l'échange en 354; il avait 82 ans;

- Sur l'échange appartient à un genre mixte: à la fois un éloge (genre épidictique) et un plaidoyer (genre judiciaire); 

- Isocrate n'a jamais prononcé de discours; il était professeur de rhétorique; les discours qu'il a publiés étaient des supports pour son enseignement

- Dans la première partie, Isocrate fait son apologie. Dans la seconde, il expose ses vues en matière d'éducation. 

-  Isocrate pense que la vertu ne s'enseigne pas. Comme le pédotribe enseigne la gymnastique pour exercer le corps, le philosophe peut seulement exercer l'esprit de son élève, en enseignant des idées, des lieux communs dont il pourra se servir dans ses propres raisonnements et discours. L'éristique est "seulement gymnastique de l'esprit, introduction à la philosophie". 

 

  

Idées importantes

- "par cela seul que nous possédons la faculté de nous persuader les uns les autres et de nous éclairer nous-mêmes sur les sujets qui nous intéressent, nous échappons à la vie sauvage"

- "parler comme il faut est pour nous la marque la plus certaine d'une raison droite"; "un langage conforme à la réalité, à l'usage et à la justice est l'image d'une âme belle et en qui on peut se fier"

-  "puisqu'il n'est pas donné à l'homme d'acquérir une science grâce à laquelle il puisse discerner ce qui doit être fait et dit, je regarde comme sages ceux qui sont capables, dans le plus grand nombre des cas, de rencontrer par de simples opinions le parti le meilleur, et j'appelle philosophes ceux qui se livrent aux études propres à faire naître le plus rapidement possible cette disposition d'esprit." 

- "Je suis d'avis qu'il n'y a pas et qu'il n'y a jamais eu de méthode permettant d'inspirer à des hommes qui ne sont pas naturellement enclins à la vertu, des sentiments de modération et d'amour de la justice. (...) néanmoins, il me semble que [les] homme (...) pourraient (...) se rendre meilleurs et atteindre un certian degré de perfection, s'ils étaient animés d'un beau zèle pour l'art de la parole."